Allocution du premier ministre, M. Bernard Landry, lors du service oecuménique à la mémoire des victimes des attentats aux États-Unis

  Québec, le 14 septembre 2001 -

Mesdames,
Messieurs,

Cette semaine, nous avons eu une démonstration éloquente de la fragilité de la vie, mais également de la fragilité de la fraternité et de la paix. Deux valeurs que nous avons tous en commun et que nous devons continuer à cultiver ensemble.

Permettez-moi, à cet égard, de témoigner de notre tristesse, d’exprimer notre émotion, de manifester au nom de l’ensemble des Québécoises et des Québécois notre solidarité dans l’épreuve avec le peuple américain et de souligner la symbolique de cette cérémonie œcuménique qui nous rappelle que le respect et la tolérance sont les plus nobles des vertus.

Le Québec, et Montréal en particulier, ont été, pour un grand nombre de communautés, une terre d’exil et d’asile, un refuge heureux pour des gens en quête de paix et de sécurité. La diversité ethnique constitue l’une des caractéristiques la plus précieuse de notre nation. Ensemble, unis et réunis, rien ne pourra altérer l’esprit de solidarité qui nous a toujours animés, ni notre profond respect de la démocratie et des institutions qui l’incarnent.

Nous entrons dans une période de profonde turbulence. La peur inspirée par l’insécurité se traduit souvent, dans les émotions collectives, par une forme de xénophobie. Nous devons éviter les amalgames et les généralisations hâtives et abusives. Nous devons être vigilants face à toute manifestation de cette nature. Ne laissons pas les terroristes semer la haine là où ils n’ont pu semer la mort.