La version lue fait foi

Projet d'allocution du ministre des Relations internationales et de la Francophonie, M. Jean-François Lisée au forum économique Québec Côte d'Ivoire

Abidjan, le mercredi 11 septembre 2013, 8 h 30

Distingués invités,
chers amis,

AKWABA / bienvenue

Je vous remercie d’être parmi nous ce matin.

Je suis heureux et fier de me retrouver parmi vous aujourd’hui, à la tête de la plus importante délégation multisectorielle jamais organisée en Afrique par le Québec.

La délégation économique, institutionnelle et de la société civile qui m’accompagne représente autant de secteurs d’activités qui, nous le pensons, offrent une complémentarité aux entreprises de Côte d’Ivoire et portent ainsi la promesse de belles occasions d’échanges et de bénéfices mutuels.

La Côte d’Ivoire a enregistré des avancées notables en termes de normalisation institutionnelle, sociopolitique, sécuritaire et des droits de la personne.

L’impression qui se dégage lorsqu’on observe Abidjan à la tombée du jour, comme je l’ai fait hier soir, est celle d’une métropole vivante, pleine d’énergie et de promesses.

Cette impression est rendue tangible dans le regain de confiance des opérateurs économiques, qui reviennent en Côte d’Ivoire suite à la normalisation de la situation sécuritaire et à la multiplication des efforts de paix.

Nous souhaitons vivement que les efforts du gouvernement pour mettre en œuvre le Plan national de développement 2012-2015 puissent contribuer de façon importante au retour du pays sur une courbe de croissance durable et inclusive.

L’Afrique

Il n’a pas échappé aux grandes puissances, ni aux puissances émergentes, que la région subsaharienne compte à ce jour cinq des 20 économies détenant la plus forte croissance économique au monde, avec un taux prévu de plus de 6% pour les années 2013-2014.

L’Afrique diversifie aujourd’hui ses partenaires en fonction de ses intérêts, et le Québec souhaite approfondir ses relations directes avec ses partenaires Africains.

De son côté, le Québec est une économie ouverte. Notre prospérité est fondée sur l’échange, la créativité et l’innovation.

La conjoncture économique favorable qui prévaut en Afrique, mise de pair avec la tradition québécoise de sortir des sentiers battus en évitant d’adopter une attitude colonialiste ou impérialiste, en traitant d’égal à égal, et projetant une image de leadership efficace mais convivial, crée de nombreuses occasions d’affaires qui correspondent aux capacités commerciales du Québec.

La diversité de notre délégation en est la preuve. Les entreprises qui nous accompagnent aujourd’hui sont de celles qui ont travaillé afin que, malgré une baisse globale de 17 % des exportations québécoises au cours des sept dernières années, le Québec a plus que doublé ses exportations de biens en Afrique durant cette période. Celles-ci se chiffrent maintenant à un milliard de dollars, cela sans compter les très importantes exportations de services.

L’économie du Québec

Longtemps reconnue pour l’abondance et la variété de ses ressources naturelles, l’économie du Québec compte dorénavant sur un vigoureux secteur de services, qui représente près de 70% du PIB, et un secteur de haute technologie qui croît sans cesse.

Sur l’échiquier international, la grande région de Montréal, la métropole du Québec, est considérée comme l’un des grands centres mondiaux de l’aérospatiale.

Le Québec figure parmi les dix pôles industriels nord-américains les plus importants des sciences de la vie, et est un pôle nord-américain des technologies de l’information et des communications, notamment dans la microélectronique.

Le domaine des télécommunications est considéré comme le secteur le plus dynamique en R&D au Québec. À lui seul, il réalise près de 50% des exportations de l’ensemble de l’industrie des TIC et des télécommunications au Québec.

Les occasions d’affaires et d’échanges sont importantes également du côté de la formation professionnelle et technique, l’industrialisation devant s’appuyer sur une main-d’œuvre qualifiée.

Et sur le plan énergétique, le Québec, qu’il s’agisse de production ou de transport d’énergie, possède ici aussi une expertise reconnue.

Le Québec, tous partis politiques confondus, a fait une priorité de la lutte aux changements climatiques. Le gouvernement dont je fais partie a fondé son approche de lutte contre le réchauffement planétaire sur l’innovation. Nous entendons, en outre, inscrire les technologies propres au cœur de nos stratégies de développement.

Le Québec adhère aux plus hautes normes de protection de l’environnement et l’expertise québécoise des technologies vertes est reconnue sur le marché international.

Avec une immense capacité de production électrique propre et renouvelable, un réseau électrique robuste, un prix de l’électricité abordable, un savoir-faire et des centres de recherche dans les piles et les matériaux, les motorisations et l’assemblage, le Québec pourrait devenir un leader de l’électrification des transports, un projet auquel nous travaillons avec ardeur.

Économie de la Côte d’Ivoire

En Côte d’ivoire le secteur tertiaire connaît un taux de croissance rapide et les services contribuent à près de 50% du PIB. Le secteur des télécommunications est en pleine expansion.

La présence de 18 banques commerciales, de deux établissements financiers et de 32 compagnies d’assurance font de la Côte d’Ivoire un des pays de l’Afrique de l’Ouest où le secteur financier est le plus développé.

L’agriculture contribue à près d'un quart du PIB Ivoirien et emploie les deux tiers de la population active du pays. L’industrie ivoirienne est née de la volonté de transformer, sur place, une bonne partie des produits de l’agriculture. Nos entreprises possèdent également l’expertise pour accompagner la Côte d’Ivoire dans cette voie.

Le secteur de l’énergie est également de toute première importance, avec les projets du gouvernement ivoirien en termes de construction de lignes électriques et d’électrification des villages.

Le Québec, en somme, a une expertise diversifiée, de nature à intéresser la Côte d’Ivoire, au moment où le pays doit composer simultanément avec plusieurs défis.

Francophonie

Les liens qui unissent le Québec à la Côte d’Ivoire au sein de la Francophonie, où ils sont deux membres actifs, sont également forts. Membre de plein droit, le Québec y voit, grâce à l’appui des pays d’Afrique francophone et de la France, sa place reconnue sur la scène internationale.

Dans la foulée de la préparation du prochain sommet qui aura lieu chez vos voisins, à Dakar, l’an prochain, la Francophonie se mobilise pour créer les conditions propices à la dynamisation des liens d’affaires au sein de l’espace francophone. L’adoption d’une première stratégie économique, susceptible de favoriser le développement économique durable et solidaire de l’espace francophone, sera l’un des grands enjeux de ce sommet. Une stratégie que je souhaite pragmatique et axée sur des résultats mesurables.

Pour de nombreux décideurs qui ont étudié dans nos établissements, le Québec, c’est une Amérique des affaires et de la prospérité en français. Une idée de progrès, de démocratie, de développement durable. Un savoir-faire. Un secteur privé vigoureux. Un État capable de gérer les conditions d’un développement ordonné et durable. Et un modèle alternatif, l’économie sociale et solidaire.

C’est ce Québec-là qui entend devenir un partenaire de cette Côte d’Ivoire de la croissance. Tous nos liens convergent aujourd’hui pour faciliter l’éclosion de collaborations multiples entre entreprises ivoiriennes et québécoises sur fond de grand dynamisme économique.

Le moment semble particulièrement propice, puisque nous aurons l’honneur et le plaisir d’accueillir plus tard ce mois-ci le Premier Ministre Ivoirien et plusieurs de ses ministres au Forum Africa, à Montréal dont la directrice fait d’ailleurs partie de notre délégation.

Il n’en tient qu’à nous de savoir saisir l’occasion.

Je vous remercie.

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