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Projet d'allocution du ministre des Relations internationales et de la Francophonie, M. Jean-François Lisée au forum économique Québec Burkina Faso

Ouagadougou, le vendredi 13 septembre 2013, 8 h 30

Distingués invités,
chers amis,

Je vous remercie d’être parmi nous ce matin.

Je suis heureux et fier de me retrouver parmi vous aujourd’hui, à la tête de la plus importante délégation multisectorielle jamais organisée en Afrique par le Québec.

La délégation économique, institutionnelle et de la société civile qui m’accompagne représente autant de secteurs d’activités qui, nous le pensons, offrent une complémentarité aux entreprises et aux institutions du Burkina Faso et portent ainsi la promesse de belles occasions d’échanges et de partage pour l’avenir.

Vous savez, le Québec est une économie ouverte. Notre prospérité est fondée sur l’échange, la créativité et l’innovation.

Bien sûr, il n’a pas échappé aux grandes puissances, ni aux puissances émergentes, que de son côté, la région subsaharienne compte à ce jour cinq des 20 économies détenant la plus forte croissance économique au monde, avec un taux prévu de plus de 6% pour les années 2013-2014.

L’Afrique diversifie aujourd’hui ses partenaires en fonction de ses intérêts, et le Québec souhaite approfondir ses relations directes avec ses partenaires Africains.

Des liens forts unissent déjà, que ce soit à travers nos compagnies, nos institutions de la société civile ou nos organismes de coopération, et bien sûr par le biais de la francophonie. Mais nous sommes maintenant prêts à passer à la vitesse supérieure, nous sommes à l’ère des résultats.

La diversité de notre délégation en est la preuve, la conjoncture économique favorable qui prévaut en Afrique crée de nombreuses occasions d’affaires qui correspondent aux capacités commerciales du Québec.

L’économie du Québec

Longtemps reconnue pour l’abondance et la variété de ses ressources naturelles, l’économie du Québec compte dorénavant sur un vigoureux secteur de services, qui représente près de 70% du PIB, et un secteur de haute technologie qui croît sans cesse.

Sur l’échiquier international, la grande région de Montréal, la métropole du Québec, est considérée comme l’un des grands centres mondiaux de l’aérospatiale.

Le Québec figure parmi les dix pôles industriels nord-américains les plus importants des sciences de la vie, et est un pôle nord-américain des technologies de l’information et des communications, notamment dans la microélectronique.

Le domaine des télécommunications est quant à lui considéré comme le secteur le plus dynamique en R&D au Québec.

Les occasions d’affaires et d’échanges sont très grandes aussi du côté de la formation professionnelle et technique, l’industrialisation devant s’appuyer sur une main-d’œuvre qualifiée.

Et sur le plan énergétique, le Québec, qu’il s’agisse de production ou de transport d’énergie, possède ici aussi une expertise reconnue.

Le Québec, tous partis politiques confondus, a fait une priorité de la lutte aux changements climatiques. Le gouvernement dont je fais partie a fondé son approche de lutte contre le réchauffement planétaire sur l’innovation. Nous entendons, en outre, inscrire les technologies propres au cœur de nos stratégies de développement.

Le Québec adhère aux plus hautes normes de protection de l’environnement et l’expertise québécoise des technologies vertes est reconnue sur le marché international.

Avec une immense capacité de production électrique propre et renouvelable, un réseau électrique robuste, un prix de l’électricité abordable, un savoir-faire et des centres de recherche dans les piles et les matériaux, les motorisations et l’assemblage, le Québec pourrait devenir un leader de l’électrification des transports, un projet auquel nous travaillons avec ardeur.

L’économie du Burkina Faso

Certes, le Burkina Faso fait face à des défis majeurs, mais le pays dispose aussi d’atouts lui permettant de poursuivre une croissance forte.

Bénéficiant du dynamisme des secteurs primaire et tertiaire, les perspectives de croissance en 2013 devraient être de près de 8 %. La Banque mondiale place le Burkina Faso en tête des pays ouest-africains dans son palmarès Ease of doing business 2012. Le pays a révisé son code de l’investissement en 2010 et a adopté une série de mesures pour faciliter les investissements étrangers.

Le secteur minier est le principal moteur économique du pays grâce au développement rapide de l’exploitation aurifère. Le pays recèle du zinc, du manganèse, du cuivre, du marbre, des phosphates, de la bauxite et du nickel.

Nous avons des équipementiers et des spécialistes de la maintenance capables de répondre à ces besoins. Le développement minier exige des infrastructures routières, où, encore là, les entreprises québécoises ont une expertise.

Six grandes mines industrielles ont été ouvertes dans les six dernières années et le gouvernement burkinabé a annoncé l’ouverture de six mines supplémentaires d’ici la fin de 2015. La production d’or devait atteindre 42 tonnes en 2012, faisant du pays le quatrième producteur d'or du continent.

L'exploitation minière requiert des spécialités en mécanique, analyses chimiques, minage, explosifs, forage, conduction d'engins. La maintenance offre aussi de belles perspectives aux constructeurs et fournisseurs de matériels d'exploitation minière qui interviendront soit directement, soit par le biais de la formation des techniciens locaux pour la maintenance.

Les occasions d’affaires sont substantielles en analyses et en forages, de même qu’en communication, en sécurité et en restauration.

Pour renforcer sa compétitivité et favoriser le commerce intrarégional, le pays poursuit également le développement des infrastructures intégrant les routes, l’énergie et les technologies de l’information et des communications.

Le Burkina Faso prévoit l’amélioration du cadre institutionnel nécessaire au développement. Des mesures concernant le secteur financier promeuvent des services bancaires adaptés au contexte local. La microfinance, qui convient à la fois en milieu rural et urbain, demeure la source de finance privilégiée par le gouvernement.

La protection de l’environnement est considérée comme élément transversal des politiques de développement.

Le Burkina Faso est un des pays amis du Québec et l’un de ses partenaires économiques les plus importants en Afrique subsaharienne. Nos liens sont fondés d’abord sur notre appartenance commune à la Francophonie.

Pays très actif au sein de la Francophonie institutionnelle, le Burkina Faso a organisé la Xe Conférence des chefs d'État et de gouvernement des pays ayant le français en partage et a eu une présence remarquée au Sommet de la Francophonie de Québec.

À l’heure où la Francophonie se mobilise pour créer les conditions propices à la dynamisation des liens d’affaires au sein de l’espace francophone, le Burkina Faso est un allié de premier plan pour le Québec.

Rappelons aussi que l'Afrique francophone constitue un espace de solidarité prioritaire pour le Québec, et le Burkina Faso est l'un des pays où le Québec est le plus actif en matière de solidarité.

Depuis la création de ses programmes de solidarité internationale en 1995, le Québec a appuyé la réalisation de 22 projets au Burkina Faso par l’entremise du Programme québécois de développement international, dans des domaines tels que les activités génératrices de revenus, l’agriculture et la santé.

Au total, ce sont plus de 6,2 M$ qui ont été investis dans des projets de solidarité internationale au Burkina Faso depuis 1995.

Nos relations bilatérales reposent aussi sur une entente en matière d’enseignement supérieur, renouvelée en 2011.

La coopération culturelle avec le Burkina Faso a pris de l’ampleur grâce à la signature de la Déclaration commune relative à la coopération dans le domaine de la culture entre les gouvernements du Québec et du Burkina Faso.

Aujourd’hui, notamment grâce à Vues d’Afrique, Montréal est l’une des plus grandes capitales de la culture africaine hors d’Afrique.

Le Québec et le Burkina Faso mènent ensemble une lutte pour la diversité des expressions culturelles. Le Burkina Faso a été l’un des tout premiers pays à ratifier la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.

Pour plusieurs décideurs qui ont étudié dans nos établissements, le Québec, c’est une Amérique des affaires et de la prospérité en français. Une idée de progrès, de démocratie, de développement durable. Un savoir-faire. Un secteur privé vigoureux.

Un État capable de gérer les conditions d’un développement ordonné et durable. Et un modèle alternatif, l’économie sociale et solidaire.

C’est ce Québec-là qui entend devenir un plus grand partenaire du Burkina Faso.

Nous sommes au « pays des hommes intègres ». Comme je l’ai fait dans les autres arrêts de notre mission, je voudrais souligner l’importance fondamentale pour les entreprises de faire preuve d’ouverture et de transparence, d’offrir un appui au développement local, de financer des projets impliquant les populations, de participer à l’aménagement des infrastructures pour les communautés.

Le Québec valorise une prospérité fondée sur la pérennité des ressources, l’égalité des personnes, le respect des droits du travail, dont le droit d’association, de la diversité des langues et des cultures.

Une prospérité qui profite à l’ensemble de la société, toutes générations confondues, actuelles et à venir.

Le Québec a une expertise de nature à intéresser le Burkina Faso, au moment où il doit composer simultanément avec plusieurs défis. Tous nos liens convergent pour faciliter l’éclosion de collaborations multiples entre entreprises burkinabées et québécoises.

Je vous remercie.

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