Centre international de conférences de Dakar (CICD)

Allocution de la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Mme Christine St-Pierre.

À L'OCCASION DE LA CONFÉRENCE MINISTÉRIELLE DE LA FRANCOPHONIE, VOLET POLITIQUE

Dakar, Sénégal, le 26 novembre 2014

Monsieur le Président de la Conférence ministérielle,
Monsieur le Secrétaire général,
Mesdames et Messieurs les Ministres,

Tout d’abord, je tiens à remercier le ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, Son excellence Monsieur Mankeur Ndiaye, ainsi que l’ensemble du gouvernement du Sénégal pour l’accueil de cette Conférence. L’engagement des autorités sénégalaises envers la réussite de ce grand rendez-vous est tout simplement admirable. Je voudrais également profiter de l’occasion pour souligner et saluer le bilan de la présidence congolaise de nos instances.

Les hôtes du Sommet ont su mettre en exergue, à juste titre, que les femmes et les jeunes seront les acteurs du développement de la Francophonie de demain. Pour ce faire, il convient de leur offrir un environnement propice au maintien de l’État de droit et de la gouvernance démocratique. Il importe également que nous nous mobilisions afin de faire avancer les droits des femmes et des jeunes.

À cet égard, je tiens à remercier et à saluer le secrétaire général de la Francophonie, M. Abdou Diouf, qui, lors de sa présentation, a réitéré l’importance de favoriser le dialogue politique et l’édification des institutions de l’État de droit et de justice, de conforter l’égalité des genres et de combattre les extrémismes. Sous le magister du président Diouf, notre Organisation a été présente lors des situations de crise et de transition démocratique, lesquelles sont susceptibles de fragiliser nos acquis et nos valeurs inscrites à la Charte de la Francophonie et à la Déclaration de Bamako.

Renforcement en faveur de l’État de droit

Les exemples sont trop nombreux pour les citer tous, mais comment passer sous silence l’action résolue du secrétaire général en faveur d’un règlement satisfaisant au long conflit interne à Madagascar. Lors de cet épisode, l’OIF a fait la preuve de sa fermeté, mais également de la qualité de son accompagnement pour assurer le retour à la stabilité politique.

De la même façon, en Tunisie, la conclusion du cycle qui avait débuté à la fin 2010, par ce que l’on appelle le Printemps arabe, aura permis l’adoption d’une constitution largement consensuelle. Présente à toutes les phases de ce parcours historique, la Francophonie peut se targuer d’avoir favorisé le dialogue des différentes composantes de la société tunisienne.

La Francophonie peut de la même façon contribuer à la réhabilitation des institutions démocratiques au Burkina Faso. À cet égard, le Québec salue l’implication de l’OIF, qui a contribué au processus de transition en cours. Les institutions québécoises sont à la disposition du secrétaire général et des autorités légitimes du Faso pour mener à une transition politique consensuelle et inclusive selon les voeux exprimés par la population burkinabé.

Mobilisation en faveur des droits des femmes

L’adoption de la Déclaration du Sommet de Dakar n’aura de sens que si l’on donne la chance aux femmes d’exprimer leurs aspirations, que si l’on respecte leurs droits les plus fondamentaux et que si l’on condamne les auteurs de violences.

La dernière année a été marquée par une recrudescence de violences systématiques envers les femmes et les filles. Les mots nous manquent pour décrire les gestes condamnables posés dans les pays en crise où les droits de la personne sont généralement bafoués. Nous sommes tout particulièrement révoltés par les assassinats multiples réalisés par les extrémistes du Boko Haram, dont les comportements violent toutes les conventions internationales. Nous ne pouvons tolérer les atrocités des groupes armés qui fragilisent les tissus sociaux et institutionnels en ciblant les femmes.

Le gouvernement du Québec est solidaire des États et gouvernements qui se mobilisent pour combattre les violences envers les femmes dans les foyers familiaux, à l’école ou dans nos communautés. La Déclaration francophone sur les violences faites aux femmes, adoptée en mars 2010, réaffirme que toutes violations des droits de la personne humaine perpétrées contre les femmes et les filles doivent être combattues avec fermeté et que ces violences constituent la forme ultime des discriminations fondées sur le genre.

Cette Déclaration rappelle aussi le caractère multiforme des violences qui doivent néanmoins être toutes condamnées que ce soit la violence conjugale, les pratiques traditionnelles préjudiciables dont les mutilations génitales, les mariages forcés ainsi que les crimes d’honneur. Il en va aussi de la traite et l’esclavage des femmes et des filles, y compris l’esclavage sexuel et l’exploitation de la prostitution.

Je salue l’un des principes moteurs du Programme d’action qui accompagne depuis 2013 cette Déclaration, soit celui de la tolérance zéro. En effet, il faut se montrer implacable envers les violences contre les femmes et les filles. Comment reconstruire la paix et comment tendre vers la prospérité espérée, si on ne peut favoriser la pleine contribution des femmes?

C’est pour cela que depuis plusieurs mois, le Québec œuvre à faire valoir les enjeux du genre auprès de ses partenaires, d’autant plus que nous soulignerons en 2015 le 20e anniversaire de la Déclaration de Beijing, moment charnière de la mobilisation de la communauté internationale en faveur des femmes. Depuis janvier dernier, le gouvernement du Québec prend également appui dans ses actions sur les résultats du Séminaire interparlementaire consacré à cette question et qui s’est tenu à l’Assemblée nationale du Québec.

Il va de soi que le déploiement des interventions de l’Organisation internationale de la Francophonie demeure tributaire de ses ressources. Ceci appelle donc à la focalisation des efforts vers les enjeux cruciaux, et le droit des femmes en est un.

Parce que le monde est en perpétuel changement, la Francophonie doit, elle aussi, s’adapter et se donner un nouveau visage. Assurons-nous de construire sur l’héritage d’un secrétaire général d’exception et donnons maintenant à notre espace une nouvelle dimension, représentative de ses forces vives, de ses décideurs, de sa jeunesse et de ses femmes, comme nous y invite le thème de ce Sommet. Pour contribuer au meilleur avenir de nos populations, il nous faut maintenant faire preuve d’audace.

Je vous remercie.

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