Allocution de la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, madame Christine St-Pierre

À l’occasion de la XXIX es journée annuelle d’information des chefs de poste de carrière

Québec, le 4 juin 2015

La version prononcée fait foi

Madame la doyenne du corps consulaire et consule générale de Chine,
Mesdames, messieurs les chefs de poste de carrière,
Mesdames, messieurs, chefs de poste honoraires,

Tout d’abord, je vous souhaite la bienvenue à Québec et je vous remercie de votre présence. Celles et ceux d’entre vous dont c’est la première participation à ces journées êtes doublement les bienvenus. Elle illustre l’importance que nous accordons tous à la prospérité et aux initiatives à prendre ensemble sur la scène internationale afin de faire bénéficier tous les partenaires que nous sommes pour un développement économique solide et durable.

Dans la continuité de cette belle tradition, ces journées sont une occasion d’échanges que je souhaite mutuellement profitables. Elles permettent, certes, de faire le point sur l’action internationale du Québec.

Mais elles nous permettent aussi d’échanger et de profiter d’un point de vue externe sur divers aspects de notre action.

En raison de ses responsabilités et de son identité au sein de l’ensemble canadien, l’État québécois a fait le choix, il y a plus de 50 ans, d’être un acteur sur la scène internationale, une action dont le fondement repose sur le principe de l’extension externe de ses compétences internes.

Trois politiques internationales, en 1985, 1991 et 2006, ont balisé notre action et reflété les transformations de l’environnement dans lequel le Québec évolue ainsi que ses priorités du moment. Le gouvernement du Québec n’a jamais toujours travaillé à adapter sa gestion à un environnement, politique, économique et social qui change.

Depuis la dernière politique internationale, l’environnement international a grandement évolué, qu’il s’agisse du ralentissement de la croissance dans les économies avancées, de la faible croissance du commerce international et de la tendance à la baisse dans les investissements directs étrangers depuis la crise financière de 2008.

Un autre facteur est l’affirmation de la Chine comme superpuissance économique et politique.

On retiendra aussi l’émergence de nouveaux pôles de croissance en Afrique, en Asie et en Amérique latine et le rôle névralgique du continent africain pour l’avenir de la langue française.

Mentionnons aussi le vieillissement de plusieurs de nos sociétés, les effets des changements climatiques qui deviennent toujours plus préoccupants, la montée des enjeux propres à la zone arctique et les progrès imprévus de l’Amérique du Nord vers l’autonomie énergétique.

Permettez-moi de citer enfin, pêle-mêle, l’internationalisation de groupes faisant l'apologie du terrorisme, la montée des préoccupations liées à l’inclusion, les causes et les effets des flux migratoires, l’avènement de l’ère numérique ainsi que l’expansion du rôle international des acteurs subétatiques et de la société civile.

Par ailleurs, il ne se trouve plus de domaine de compétence du Québec qui ne soit influencé par le contexte international.

La capacité du gouvernement de mener à bien ses priorités dépend, en partie, de sa capacité à atteindre des résultats sur la scène internationale, à lire l’environnement mondial et à intégrer dans ses politiques publiques les meilleures pratiques ou normes développées à l’étranger ou dans des enceintes multilatérales.

C’est dans cette perspective que j’ai exprimé la volonté du gouvernement de se doter, d’ici 2017, d’une nouvelle Politique internationale.

Le contexte économique mondial est en train de changer et ouvre la voie à plusieurs opportunité et la nouvelle politique contribuera à la réalisation de grandes priorités gouvernementales, qu’il s’agisse de prospérité, de lutte aux changements climatiques, de culture dans un contexte numérique, de mobilité universitaire, de Francophonie et de solidarité internationale ou encore de développement nordique et maritime.

Elle nous permettra en somme de mettre à jour nos orientations. Elle se traduira par une meilleure cohérence dans la planification et l’exécution de nos activités internationales et une utilisation plus efficace des ressources que nous y consacrons.

Nous avons en effet pour défi de mettre en place une diplomatie plus efficace au service de la poursuite des intérêts du Québec.

Ainsi, dans un redéploiement qui prend en compte à la fois les priorités du gouvernement et la géographie économique mondiale, nous avons récemment fait le choix d'ouvrir une représentation à Dakar en République du Sénégal ainsi que dans la province chinoise du Shandong et d'accroître notre capacité d'action économique aux États-Unis, à Houston au Texas et San Mateo en Californie.

Sur le plan multilatéral, le Québec accordera dans les prochains mois la priorité à la mise en œuvre des documents adoptés au Sommet de Dakar, dont la Déclaration et le Cadre stratégique, la Stratégie économique, la Stratégie jeunesse et l’égalité des femmes et des hommes.

La mise en œuvre de la Stratégie économique de la Francophonie et ses cinq orientations – le développement des affaires, les femmes, les jeunes, la formation professionnelle et technique et l’économie sociale – sera de nature à renforcer l’espace économique francophone.

Le Québec accorde, par ailleurs, une grande importance à la mobilisation de la Francophonie en vue de l’adoption d’un accord ambitieux à la 21e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques qui se tiendra à Paris.

J’invite donc les membres du corps consulaire représentant des États et gouvernements membres de la Francophonie à se mobiliser dans l’atteinte des objectifs que sont la mise en œuvre de la Stratégie économique de la Francophonie et l’atteinte d’un accord ambitieux sur les changements climatiques.

De retour au Québec la Conférence de Montréal qui se tiendra la semaine prochaine se consacrera en particulier à la Francophonie. Les activités organisées par l’Organisation internationale de la Francophonie et l’Institut de la Francophonie pour le développement durable en collaboration avec mon ministère nous donneront l’occasion de discuter de ces deux thèmes.

Sur le plan bilatéral, nous publierons à l’automne nos cinq stratégies sur autant de territoires, soit les États-Unis, l’Europe, l’Asie, l’Amérique latine et l’Afrique et Moyen-Orient.

En sol américain, nous continuons de faire la promotion de l’élargissement du marché du carbone Québec-Californie, du Plan Nord, de la Stratégie maritime et de l’hydroélectricité comme source d’énergie verte et renouvelable. À la suite de mes multiples échanges, nous avons plus que jamais la conviction que nous avons développé les bons projets au bon moment.

Tout au long des missions que j’ai menées dans cette dernière année ; tout comme le premier ministre, j’ai parlé de la Stratégie maritime et du Plan Nord, d’hydroélectricité et d’économie verte. Et il est évident que nos projets intéressent les investisseurs.

Le Plan Nord que nous mettons de l'avant fait l'envie partout dans le monde. Il sera intégré à tous points de vue : économie, développement durable du milieu et des communautés, science et qualité de vie.

La lutte contre les changements climatiques doit être considérée non pas comme une menace, mais plutôt comme une opportunité unique de bâtir une nouvelle économie verte.

Comme la mentionné le Secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, lors du Climate Week à New York en septembre dernier :«There is no plan B. Because there is no planet B. » « Il n’y a pas de plan B. Parce qu’il n’y a pas de planète B »

Le Québec a décidé de mettre une valeur sur le carbone dès 2007. Mon gouvernement entend soutenir et poursuivre cette initiative, parce qu’elle est nécessaire et incontournable.

L’économie, l’environnement et l’énergie sont au cœur de nos relations avec l’État de New York et les six États de la Nouvelle-Angleterre. Tout comme l’environnement et l’économie seront au centre du Sommet du Conseil des Gouverneurs des Grands Lacs que nous aurons l’honneur d’accueillir à Québec la semaine prochaine.

Le premier ministre y célébrera ce mois-ci le 75e anniversaire de la Délégation générale du Québec à New York, tout comme il a célébré à Rome, la semaine dernière le 50e anniversaire de la présence institutionnelle du Québec. Ces anniversaires illustrent la cohérence et la continuité de l’action internationale du Québec.

J’effectuerai moi-même, dans deux semaines, des missions à Paris, à Barcelone et à Rome, notamment pour célébrer la Fête nationale du Québec.

S’agissant de la France, le Québec a un intérêt tout particulier pour le projet de création d’un Institut maritime France-Québec, dans le contexte de notre Stratégie maritime. Nous voulons par ailleurs renforcer la collaboration entre nos forces policières.

Alors que la création de contenus francophones dans l’univers numérique devient un enjeu pressant, nous avons affirmé notre volonté d’enrichir nos échanges sur ce plan. Le Québec est d’ailleurs partie à la réflexion qui s’est engagée à l’UNESCO sur l’incidence des technologies numériques sur la diversité des expressions culturelles.

Mon ministère poursuit l’exercice d’étalonnage de nos meilleures pratiques, avec Wallonie-Bruxelles International. Toujours en Belgique, le Québec sera présent à Mons, capitale européenne de la culture.

De manière plus générale, la promotion de l’Accord économique et commercial global en vue de sa ratification est au centre des relations bilatérales du Québec avec ses partenaires européens.

En Asie et en Amérique latine, plusieurs missions économiques se profilent. Et nous renouvelons plusieurs coopérations bilatérales, notamment avec le Mexique, le Brésil, Haïti et la province du Shandong en Chine.

Le Québec a par ailleurs renforcé son positionnement nordique, le premier ministre ayant pris part à ce Davos du Nord qu’est l’Arctic Circle et ayant accueilli un peu plus tôt cette année un Symposium international sur le développement nordique.

En définitive, nous maintenons le financement de nos programmes de solidarité, ce qui nous a permis au cours du dernier exercice d’appuyer la réalisation d’une trentaine de projets de développement international.

Le maintien des budgets des programmes de solidarité internationale témoigne de l’intérêt et de la priorité qu’accorde mon ministère à ce volet de notre action.

La solidarité internationale est l’un des cinq objectifs de notre politique internationale. Nous privilégions les actions dans deux régions prioritaires : l’Afrique francophone ainsi que l’Amérique latine, les Antilles, et en Haïti.

En participant aux efforts de solidarité, le gouvernement québécois exprime ainsi clairement son devoir de contribution aux défis que sont la pauvreté, l’exclusion, la répartition équitable des richesses et le développement durable.

Le Québec mise, dans ce but, sur l’expertise reconnue des organismes québécois de coopération internationale et soutient leurs initiatives élaborées « par, pour et avec » la société civile d’ici et d’ailleurs. Nous le faisons en réponse à des besoins fondamentaux identifiés par les communautés du Sud et dans une perspective de prise en charge locale.

Depuis la création des programmes de solidarité internationale, quelque 50 M$ ont été investis dans des projets de développement, permettant de mettre en œuvre 600 projets dans une quarantaine de pays.

Les initiatives de solidarité internationale contribuent à former la jeunesse québécoise par l’entremise du programme Québec sans frontières. Depuis 1995, près de 6 700 jeunes Québécoises et Québécois ont fait un stage de solidarité internationale, dans 32 pays.

Les projets portent sur des enjeux globaux qui interpellent le Québec autant que les pays partenaires, notamment le développement durable, les changements climatiques, l’égalité entre les femmes et les hommes ou encore des enjeux économiques. Ces initiatives viennent ainsi renforcer nos relations bilatérales.

J’aimerais en terminant vous redire que nous tenons pour essentiel la fonction que vous occupez. Elle participe de cette ouverture au monde, que nous valorisons et dont nous avons besoin.

Je vous signale que nous avons au cours des derniers mois repris et intensifié les visites de prises de poste et les visites officielles des ambassadeurs en poste à Ottawa. Nous avons en quelque sorte le pied sur l’accélérateur et ceux qui sont encore en attente ne devraient pas l’être longtemps.

Au cours de 75 ans de présence aux États-Unis, 50 ans en Italie, plus de 50 ans en Angleterre et en France et que dire des années de collaborations internationales qui s’accumulent avec les autres les autres pays qui sont tout aussi d’important en ce grand cycle de changement. Au-delà des frontières l'histoire fait de nous maintenant des amis et l’économique nous a rendus partenaires.

Les différences qui se cachent derrière nos sourires mesurent l'unité par les normes de la prospérité pour tous et de l'affection. Ce partenariat est né de l'espoir et des grands projets que nous partageons tous.

Nous sommes plus que des amis(es), des voisins ou des alliés parce que pour nous, les droits de l'homme sont l'âme de notre politique étrangère et les droits de l'homme sont l'âme même des Relations internationales que nous entretenons et je vous en remercie.

Finalement, comme la fête approche, je vous invite au nom du premier ministre à la réception de la Fête nationale, ici, à Québec, le 24 juin.

Bonne journée à tous.

 

Retour à la liste