Allocution de la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Mme Christine St-Pierre

À l’occasion de la soirée d'accueil de la Conférence « Internet et la radicalisation des jeunes : prévenir, agir et vivre ensemble »

Québec, Musée national des beaux-arts du Québec, 30 octobre 2016

La version prononcée fait foi

Monsieur le représentant du Secrétaire général des Nations Unies,
(Jean-Paul Laborde)

Madame la Directrice générale de l’UNESCO, (Irina Bokova),

Monsieur le Maire de Québec, (Régis Labeaume),

Mesdames et messieurs les ministres et parlementaires,

Mesdames et messieurs les représentants du corps diplomatique et consulaire,

Mesdames, messieurs,

Bienvenue au Québec! Bienvenue chez nous, en cette terre d’accueil, d’ouverture et de créativité.

Ce n’est pas un hasard si l’importante conférence qui nous attend dans les deux prochains jours s’ouvre ici, dans un musée, au cœur de ce que l’esprit humain fait de plus beau.

Ce n’est pas non plus un hasard si nos travaux débutent par une pièce de théâtre, ce support qui, depuis l’antiquité, amène les peuples à se réunir, dialoguer, s’interroger sur leur avenir.

Le théâtre de la Grèce antique invitait les citoyens à engager des réflexions sur des enjeux touchant la vie démocratique de la cité. La représentation que vous et votre troupe nous avez présentée ce soir, cher Ismael Saidi, s’inscrit dans cette même lignée.

Si les frontières de la cité se sont depuis agrandies, la question principale qui nous habite demeure : comment organiser le vivre ensemble pour assurer une paix durable?

Cette question, Madame la Directrice générale, je sais qu’elle a toujours été au cœur de votre engagement au sein de l’UNESCO.

C’est en l’éducation, la culture, la science, le patrimoine ou encore la communication que votre organisation a su y trouver des réponses. En mettant en liens les peuples à travers ces fondamentaux de notre humanité, vous n’avez jamais dérogé à l’acte constitutif de votre organisation qui veut « élever les défenses de la paix dans l’esprit des hommes et des femmes ».

Chers amis,

Nous aborderons dès demain un sujet des plus préoccupants.

Préoccupant, car la radicalisation menant à la violence, et les terribles conséquences qui en découlent - dont la plus horrible, le terrorisme barbare - s’attaquent de front aux valeurs communes de nos sociétés.

Préoccupant aussi, parce qu’elle touche directement ce que nous avons de plus cher, notre jeunesse, ce formidable moteur qui pousse sans cesse nos sociétés à se dépasser et se renouveler.

Les terribles évènements qui ont trop souvent ponctué notre quotidien nous rappellent que l’urgence d’agir est bien réelle.

Et cette action, elle ne peut se faire seule.

Nous avons la chance de connaitre une période de développement sans précédent dans l’histoire de nos moyens de communication.

Le monde est aujourd’hui plus connecté, plus proche et plus solidaire que jamais. Nul ne peut nier les bénéfices immenses de ces récentes évolutions pour nos sociétés : la science, la culture, l’économie, le savoir n’ont jamais été diffusés aussi largement.

Malheureusement, des criminels ont su également emprunter ces canaux pour s’affranchir des frontières et répandre terreur et désolation de par le monde. Ils ont su utiliser ces outils de communication pour rejoindre des milliers de jeunes et, au moyen de mensonges et tromperies, les détourner vers des idéaux d’un autre temps avec les terribles conséquences que nous connaissons.

C’est pourquoi une réponse concertée de la communauté internationale est plus que jamais nécessaire.

Votre présence à Québec aujourd’hui - vous, chercheurs, représentants de la société civile, représentants gouvernementaux, parlementaires de près de 70 pays - démontre qu’à l’instar du Gouvernement du Québec, vous êtes convaincus de la nécessité d’agir ensemble pour endiguer durablement ces phénomènes.

La Conférence « Internet et la radicalisation des jeunes : prévenir, agir et vivre ensemble » sera pour nous l’occasion de réfléchir, de partager des bonnes pratiques, d’orienter nos actions et de trouver des pistes de solution durables et globales.

Le Québec est fier de pouvoir contribuer à cet effort international qui, nous l’espérons, sera un jalon important de cet idéal de construction de la paix qui nous anime tous.

Bonne soirée!

 

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