Allocution de la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Mme Christine St-Pierre

À l’occasion de la présentation de ses voeux au corps consulaire

Montréal, le 17 janvier 2017

La version prononcée fait foi

Monsieur le doyen du corps consulaire et consul général de Russie (M. Yury BEDZHANYAN),

Mesdames, messieurs les chefs de poste de carrière,

Mesdames, messieurs du corps consulaire honoraire,

Je vous remercie d’avoir accepté mon invitation et je vous souhaite, d’emblée, une année 2017 des plus heureuses.

Une année de bonheur, de prospérité et de santé, pour vous et vos proches. Je souhaite que 2017 soit aussi marquée par des avancées significatives pour la paix et la sécurité dans le monde.

Je salue particulièrement celles et ceux d’entre vous qui se sont joints au corps consulaire en 2016. Je crois que vous trouverez ici, au Québec, de nombreuses occasions pour faire connaître vos priorités et projets et nouer des collaborations fructueuses.

L’année 2017 marquera des anniversaires, tels que le 150e anniversaire du Canada et le 375e anniversaire de fondation de Montréal, auxquels vous serez appelés à participer.

L’année marquera le 50e anniversaire d’une présence officielle de la Russie à Montréal. On se rappellera que l’ancienne URSS avait ouvert un consulat général à Montréal à cette époque, dans la foulée de l’Expo 67. Je salue le doyen du corps consulaire à l’occasion de cet anniversaire important.

Cette année marque aussi le 50e anniversaire du ministère des Relations internationales et de la Francophonie.

Tout au long de l’année, plusieurs activités seront organisées pour souligner l’essor des relations internationales du Québec au cours des 50 dernières années et pour jeter un regard sur l’avenir.

L’élément phare de la programmation sera une exposition, sur l’histoire des relations internationales du Québec, organisée par le Musée de la Civilisation à Québec, qui sera inaugurée le 12 avril prochain. Vous serez conviés à une activité à l’occasion de cette exposition, dans cette très belle institution muséale de notre Capitale-Nationale.

Les 50 ans du Ministère seront également marqués par l’énoncé d’une nouvelle Politique internationale du Québec, la première depuis 2006. Comme vous le savez, cette décennie a été le théâtre d’une évolution continue du contexte international, appelant un positionnement actualisé.

Démondialisation, montée du populisme, accélération des développements technologiques, reconfiguration de l’échiquier mondial et des rapports entre les pays, crises humanitaires et attentats terroristes sur tous les continents marquent le monde dans lequel nous vivons.

Sur ce point, permettez-moi de souligner à quel point nous sommes ébranlés chaque fois que le monde se relève d’un attentat tragique et meurtrier. Il nous faut combattre, ensemble, le fléau du terrorisme et mieux en comprendre les causes.

La nouvelle politique internationale du Québec sera l’occasion de considérer les moyens nouveaux de mener notre diplomatie à l’époque où nos diplomates sont plus mobiles et évoluent dans un monde plus branché que jamais.

Cet exercice de prospective sera aussi l’occasion d’approfondir et d’élargir le réseau du Québec à l’étranger, qui compte actuellement 28 représentations dans 15 pays.

Ce réseau est le socle de l’action internationale du Québec. La présence du Québec dans le monde – et l’ampleur de cette présence est inédite pour un État fédéré et continue d’engendrer des partenariats précieux, dont tous profitent.

La Politique internationale du Québec sera l’occasion d’y affirmer nos intérêts et nos valeurs. Nous nous positionnons clairement comme un État inclusif et ouvert. Nous plaidons qu’intégration économique, mobilité et ouverture à l’immigration, et progrès social peuvent – et doivent – aller de pair.

L’un des dossiers majeurs où ces problématiques entrent en jeu est celui de l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne.

Nous travaillons activement avec le Gouvernement du Canada afin que puisse être ratifié rapidement cet accord commercial historique.

Je tiens à rappeler particulièrement l’importance de cet accord pour le Québec, qui respecte les valeurs que, de part et d’autre de l’Atlantique, nous partageons.

Le Québec a démontré son leadership à chaque étape du cheminement de l’AECG. De plus, nous sommes intervenus à tous les niveaux, tant celui des élus et des diplomates que de l’administration et des milieux d’affaires, pour en expliquer les mérites.

Je serai d’ailleurs à Bruxelles la semaine prochaine pour des activités et entretiens sur le thème de l’AECG.

J’en profite pour signaler la nomination, aujourd’hui même, de Mme Marianna Simeone comme déléguée du Québec à Rome. Mme Simeone entrera en fonction au cours des prochaines semaines et jouera un rôle important pour renforcer les liens commerciaux entre le Québec et l’Italie.

Je remercie Mme Amalia Daniela Renosto, qui a occupé ce poste depuis 2008, pour sa contribution remarquable à l’avancement des intérêts du Québec en Italie. Mme Renosto continuera à oeuvrer au sein de la Délégation du Québec.

La nouvelle donne mondiale créera aussi des occasions de développer nos échanges bilatéraux et de nouveaux forums de négociations. Le Gouvernement du Québec souhaite que le dossier de l’AECG soit un modèle, en termes de collaboration avec le Gouvernement du Canada et de participation à de nouveaux chantiers de négociations commerciales.

Fort d’un engagement dans un développement durable du Nord, le Québec a tenu le 4e Forum de l’Arctic Circle, qui a rassemblé des représentants des pays nordiques, issus des milieux universitaires et des affaires, des communautés locales et autochtones ainsi que des secteurs privé et public.

Par ailleurs, un an après une tournée sur le territoire du Plan Nord, plusieurs d’entre vous ont pu découvrir, ici à Montréal, à Bécancour, à Rimouski, aux Îles-de-la-Madeleine et à Sept-Îles, le territoire de la Stratégie maritime en compagnie de mon collègue Jean D’Amour.

La visite d’entreprises, d’installations portuaires et de centres de recherche vous aura permis, j’en suis convaincue, de mieux saisir les possibilités d’investissement et d’échange d’expertise liées à notre Stratégie maritime. Déjà, des échanges sont en cours avec le Gouvernement de la Catalogne pour inclure le domaine maritime comme l’un de nos chantiers de coopération.

Après Oslo, la BioMarine Business Convention réunira cette année, à Rimouski, sous la présidence d'honneur du Prince Albert II de Monaco, des scientifiques et des entreprises actives en biotechnologie marine, un volet important de notre Stratégie maritime.

En novembre dernier, avec 70 représentants d’entreprises et d’organismes, le premier ministre a participé, à Marrakech, à la 22e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.

Il a annoncé à cette occasion le lancement du Programme de coopération climatique internationale et l’Initiative jeunesse de lutte contre les changements climatiques.

Ces deux mesures inciteront les entreprises, les institutions de recherche et les organismes du Québec à soutenir les actions climatiques des pays francophones les plus vulnérables aux impacts des changements climatiques.

Par ailleurs, au cours d’une importante conférence à Québec, organisée en collaboration avec l’UNESCO, plus de 500 participants, venus de 70 pays, ont exprimé une diversité exceptionnelle de points de vue, d’approches et de solutions sur dans la vaste et complexe lutte contre la radicalisation menant à la violence. Plusieurs d’entre vous y avez assisté.

L’une des retombées de la Conférence, le projet de Chaire UNESCO sur la lutte contre la radicalisation à l’Université de Sherbrooke, illustre la collaboration étroite entre le Québec et l’UNESCO.

L’Appel de Québec, qui émane des travaux de la Conférence, soutient avec force l’importance d’une concertation internationale accrue pour lutter et prévenir les phénomènes de radicalisation qui mènent à la violence. Je vous encourage à adhérer à l’Appel de Québec, qui est disponible sur le site du MRIF.

Toujours sur ce thème majeur, le 16e Sommet de la Francophonie, tenu en novembre à Antananarivo, a adopté, sur initiative du Québec, une résolution sur la prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent pouvant conduire au terrorisme.

Annoncée dans la foulée du Sommet, la création d’un Observatoire de la Francophonie économique à l’Université de Montréal, en partenariat avec l’Agence universitaire de la Francophonie, vient combler un besoin de données fiables, en français, sur les questions économiques et donnera des outils additionnels pour éclairer les décideurs.

Au Sommet d’Antananarivo, j’ai également porté un message visant la protection des personnes vulnérables à travers le monde, y compris les personnes LGBT.

Le Gouvernement du Québec attache une importance fondamentale au principe d’égalité, laquelle se reflète notamment par la pleine reconnaissance des droits des personnes LGBT. Nous tiendrons d’ailleurs sur une conférence sur cette question en août prochain en collaboration avec Fierté Montréal.

Relations bilatérales

Sur le plan bilatéral, l’année 2017 marquera une alternance politique majeure chez nos partenaires américains.

De concert avec le Gouvernement du Canada, le Québec défendra ses intérêts sur des dossiers aussi importants que l’avenir du libre-échange nord-américain et le commerce du bois-d‘oeuvre.

Je me rendrai à Washington cette semaine à l’occasion de l’inauguration du président-élu Donald Trump.

Nos relations avec les États-Unis ne datent pas d’hier, le Québec y est présent depuis 77 ans. Nous avons été et sommes présents sur le territoire américain. A travers les années, nous avons renforcé les liens économiques, politiques et institutionnels avec les États-Unis et nous avons maintenant huit représentations sur le territoire.

Au cours de la prochaine année, les bureaux du Québec aux États-Unis seront très actifs sur le terrain, avec leurs interlocuteurs à tous les niveaux, pour continuer à approfondir les différents liens de collaboration.

Ce sera également une année de transition en France, dans la foulée de l’élection présidentielle. Nous continuerons d’approfondir notre coopération très riche, dans tous les domaines d’activité, avec le nouveau gouvernement.

En 2016, lors de la 19e Rencontre alternée des premiers ministres, le premier ministre et son homologue de la République française, M. Manuel Valls, ont convenu de renforcer notre coopération maritime.

Un nouvel Institut France-Québec pour la coopération scientifique en appui au secteur maritime, basé à Rimouski, mettra en réseau les acteurs clés. Plusieurs chantiers, de l’économie numérique à la reconnaissance des qualifications professionnelles, ont vu des avancées.

Traitant de reconnaissance des qualifications professionnelles, le gouvernement entend poser un nouveau jalon pour poursuivre la mobilisation des autorités compétentes en matière professionnelle en vue de la conclusion de nouvelles ententes et d’arrangements de reconnaissance mutuelle.

Au cours de l’année passée, le Québec a eu l’honneur d’accueillir le président des États-Unis du Mexique, Enrique Peña Nieto.

Cette première visite officielle d’un président mexicain depuis 25 ans a permis de resserrer nos relations dans un nombre substantiel de secteurs d’activité. Peu importe les changements de conjoncture, les liens du Québec avec le Mexique continueront à croître.

Une mission du premier ministre à Cuba a permis de stimuler les relations économiques et politiques et d’appuyer les démarches d’entreprises québécoises qui souhaitent percer ce marché.

Il s’agissait d’une première mission d’un premier ministre du Québec à Cuba. Sa présence aura permis d’annoncer l’ouverture prochaine d’une représentation du Québec à La Havane.

La visite à Montréal du premier ministre du Conseil des affaires de l’État de la République populaire de Chine, Li Keqiang, aura démontré une convergence entre les forces du Québec et les priorités de la Chine, propice à la poursuite d’une étroite collaboration.

Elle a mis en valeur la qualité de l’environnement d’affaires entre le Québec et la Chine.

L’économie diversifiée et la main-d’oeuvre qualifiée du Québec répondent aux exigences des entreprises chinoises en matière d’investissements stratégiques.

C’est sur cette toile de fond que le premier ministre dirigera, en octobre prochain, une importante mission multisectorielle en Chine.

Auparavant, il se sera rendu, en janvier, à Davos afin de participer au Forum économique mondial et, en mai, il aura dirigé une mission à Tel-Aviv, Jérusalem et Ramallah pour développer des partenariats de recherche et d’entrepreneuriat dans les sciences de la vie, l’aérospatiale, l’agroalimentaire, les technologies de l’information et les jeunes entreprises innovantes (startups).

Distingués invités, chers amis, voilà qui est bien court pour résumer l’année passée et envisager celle à venir. Voilà qui ignore bien des pans de nos relations, des relations qui ne seraient pas ce qu’elles sont sans votre collaboration.

Laissez-moi vous dire que le travail que vous accomplissez est remarqué et apprécié. Nous sommes à l’écoute de vos besoins et l’équipe toute entière du ministère des Relations internationales et de la Francophonie est là pour vous aider à réaliser vos projets.

Je vous remercie de votre travail, de votre intérêt pour le Québec. La fonction que vous occupez est essentielle et participe à cette ouverture au monde que nous valorisons, dont nous avons besoin et dont nous sommes fiers.

Je vous souhaite donc, chaleureusement, à nouveau, à chacune et à chacun, une bonne et heureuse année 2017.

 

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