Allocution de la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Mme Christine St-Pierre

À l'occasion du lancement de la Politique internationale du Québec - Le Québec dans le monde : s'investir, agir, prospérer

Québec, le 11 avril 2017

La version prononcée fait foi

Monsieur le Premier Ministre,

Madame la Ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation,

Mesdames et Messieurs,

Merci à toutes et à tous d’être présents aujourd’hui.

Quel honneur pour moi de lancer, en compagnie du premier ministre et de ma collègue, la ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, la nouvelle Politique internationale du Québec intitulée : « Le Québec dans le monde : s’investir, agir, prospérer ».

Comme le mentionnait le premier ministre, il n’y a pas de meilleur décor que le fleuve Saint-Laurent, notre porte d’entrée sur le monde, pour lancer cette politique.

Le 12 avril 1965, Paul Gérin-Lajoie, alors vice-premier ministre, prononce un discours devant le corps consulaire de Montréal.

Je le cite : « Dans tous les domaines qui sont complètement ou partiellement de sa compétence, le Québec entend désormais jouer un rôle direct, conforme à sa personnalité et à la mesure de ses droits. »

À l’aube du 50e anniversaire du ministère des Relations internationales et de la Francophonie, la doctrine Gérin-Lajoie continue de guider les actions internationales du Québec.

En effet, afin de porter plus loin cette action, le Québec s’inspire encore de ces paroles :

  • En réaffirmant son désir d’exprimer sa voix dans ses champs de compétence;
  • Et en demeurant un acteur crédible sur la scène internationale, par la mise en œuvre d’une série d’orientations cohérentes et diversifiées.

Au cours des dernières années, ce sont plus de 750 ententes bilatérales qui ont été signées avec nos partenaires.

Avec ses 26 représentations dans 14 pays, le Québec est l’État fédéré le plus présent et actif dans le monde.

Ce dynamisme ne rend pas moins nécessaire de réaffirmer, et vous allez m’entendre le répéter souvent, que « ce qui est de notre compétence chez nous l’est aussi à l’extérieur de nos frontières ».

Aujourd’hui, nous établissons donc les jalons qui guideront l’action internationale du Québec pour les dix prochaines années.

Je suis fière de présenter le résultat de la consultation qui a été effectuée au cours des derniers mois.

Au passage, je remercie tous ceux et celles qui ont été impliqués, de près ou de loin, dans l’élaboration et la rédaction de ce document.

Pourquoi le Québec doit-il être présent sur la scène internationale?

Tout d’abord, le titre : « Le Québec dans le monde : s’investir, agir, prospérer ».

La politique que nous lançons est la réponse à une question que nous devons nous poser : Pourquoi devons-nous être présents sur la scène internationale?

Les réponses :

  1. Pour défendre les intérêts du Québec comme société distincte.
  2. Pour affirmer notre vocation propre sur la scène internationale, (par exemple, en établissant des contacts sur le terrain qui permettront à nos artistes et à nos entreprises de développer de nouveaux marchés et à nos chercheurs de tisser des liens avec d’autres experts; pour développer de nouvelles opportunités de stages pour nos jeunes; pour partager nos valeurs de démocratie et de défense de droits humains dans les forums internationaux).
  3. Pour demeurer un acteur crédible et responsable qui guide son action sur le principe édicté par Paul Gérin-Lajoie, (ce qui est de notre compétence chez nous est de notre compétence aussi à l’extérieur de nos frontières).

Orientations

Cette politique recentre l’action internationale du gouvernement autour de trois grandes orientations rassembleuses :

  1. Rendre les Québécoises et les Québécois plus prospères;
  2. Contribuer à un monde plus durable, juste et sécuritaire;
  3. Promouvoir la créativité, la culture, le savoir et la spécificité du Québec.

Elles s’inscrivent en continuité avec les efforts investis dans le passé, mais encore plus en cohérence avec nos priorités et nos valeurs.

Investissement accru

Nous avons désormais les moyens de nos ambitions pour le monde.

En effet, à l’occasion du discours sur le budget, le ministre des Finances a annoncé un investissement majeur de 100 millions de dollars sur 5 ans afin de promouvoir et de défendre les intérêts du Québec sur le plan international.

Et voici quelques-unes de nos priorités.

Développement durable, changements climatiques et affaires nordiques

Je suis particulièrement fière de deux grandes nouveautés qui se trouvent dans la politique :

  1. La diplomatie climatique et nordique;
  2. Ainsi que la stratégie maritime et l’économie bleue.

Avec les actions entreprises au cours des dernières années, le gouvernement a confirmé son rôle et l’importance qu’il accorde à la lutte contre les changements climatiques.

Nous avons, pour la première fois, fait de cet enjeu une priorité à part entière dans la nouvelle politique internationale.

En outre, de par sa situation géographique, le Québec est une société nordique. Il va donc de soi de renforcer et de créer des liens avec les différents partenaires et organisations nordiques et arctiques.

Le Plan Nord et la Stratégie maritime demeurent au cœur de nos priorités. Nous assurons le positionnement de ces deux grands projets qui sont sources de prospérité pour le Québec.

Le monde vu avec les yeux du Québec

Nous demeurons par ailleurs résolus à maintenir et à développer nos relations en Amérique et en Europe.

Nous continuons de renforcer nos relations avec les États-Unis. Déjà, nous avons ouvert de nouvelles représentations à Houston et à Silicon Valley. Nous avons aussi annoncé notre intention d’ouvrir prochainement un bureau du Québec à Philadelphie.

Nous poursuivrons le développement de nos relations avec Cuba, où nous ouvrirons également une représentation. Il s’agit d’un moyen concret de faciliter l’accès à ce pays pour les artistes, étudiants, chercheurs et entrepreneurs québécois.

Nous sommes également convaincus de la nécessité d’un engagement accru en Asie et en Afrique. Nous avons posé des gestes porteurs dans la dernière année, notamment en ouvrant des représentations à Qingdao et à Dakar, où nous avons obtenu le plus haut privilège : l’immunité diplomatique de notre réseau.

Cela sans oublier le vaisseau amiral de nos relations internationales, la France.

Au fil des années, le Québec a su y établir sa crédibilité et créer des relations diplomatiques au plus haut niveau.

Nos liens sont tellement profonds et sans équivoque que le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a reconnu officiellement la relation unique, directe et privilégiée entre le Québec et la France lors de la rencontre alternée des premiers ministres, l’automne dernier.

Notre relation avec la France continuera de grandir.

Nous avons d’ailleurs annoncé notre intention de déménager la délégation générale dans un nouvel immeuble qui disposera d'un équipement polyvalent et adapté aux besoins technologiques d'aujourd'hui.

Cette nouvelle Maison du Québec à Paris sera à l’image de notre relation : moderne et dynamique.

Prospérité et mobilité

Les investissements réalisés dans notre réseau diplomatique sont l’expression d’une conviction profonde : celle que la prospérité du Québec passe par son ouverture sur le monde et par le développement de ses relations politiques et économiques au-delà de ses frontières.

Je salue la présence aujourd’hui de ma collègue Dominique Anglade.

Elle vous parlera dans quelques instants des actions qu’elle mène au nom du gouvernement pour assurer le développement de notre économie et augmenter notre prospérité en favorisant les exportations.

La nouvelle Politique internationale du Québec accorde également une place centrale à la mobilité : celle des jeunes, des étudiants, des personnes ou des travailleurs.

Il ne fait aucun doute que cet enjeu demeura d’une importance cruciale pendant les prochaines années.

Je souligne d’ailleurs la présence de Michel Robitaille, qui assure la direction d’un organisme qui fait un travail exceptionnel pour favoriser la mobilité : Les Offices jeunesse internationaux du Québec.

Chaque année, LOJIQ permet à plus de 4 000 jeunes de faire des stages à l’étranger et de réaliser un projet. Ils acquièrent ainsi de nouvelles compétences et aptitudes, mais développent aussi des réseaux de relations.

Coopération internationale

À travers les années, le Québec a su démontrer sa pertinence en solidarité internationale.

Fait marquant de la Politique, le Québec entend dorénavant prendre position sur les droits de la personne et plus spécialement quant aux enjeux qui concernent les groupes LGBT. Cela s’inscrit dans le droit fil des décisions que nous avons prises lors du dernier Sommet de la Francophonie à Madagascar.

Nous continuerons aussi à accorder une grande importance aux questions de sécurité et aux enjeux liés à la radicalisation menant à la violence.

La conférence organisée à Québec l’automne dernier sur ces thèmes démontre notre crédibilité au sein de l’UNESCO et le rôle mobilisateur que nous pouvons jouer autour d’enjeux complexes.

Culture et langue française

Le Québec peut miser sur sa vitalité intellectuelle et créative pour faire valoir la pertinence de ses idées, la qualité de ses entreprises et la force de ses institutions.

Notre richesse culturelle est indéniable, et cette dernière est un atout majeur pour nos relations internationales.

Notre spécificité culturelle va également de pair avec un élément fondamental de notre société : le français. L’action internationale du Québec eu égard à la promotion du français et à la Francophonie demeure une priorité.

Conclusion

À quelques jours du 50e anniversaire du ministère des Relations internationales et de la Francophonie, je peux témoigner qu’il a été très gratifiant de doter le Québec d’une nouvelle politique internationale adaptée à la réalité d’aujourd’hui.

Alors que nous venons d’annoncer un investissement majeur dans les relations internationales du Québec, nous réaffirmons par cette politique que le Québec est un acteur crédible et responsable qui continuera de faire entendre sa voix.

Au cours des prochaines années, nous continuerons de développer cette voix et d’enrichir notre vocabulaire. À cet égard, le Québec va :

  • S’investir comme un acteur engagé, soucieux de la défense de ses intérêts et de la promotion d’un monde plus juste.
  • Agir afin de demeurer un partenaire dynamique, prêt à maintenir ses avancées et à s’ouvrir à nouvelles avenues.
  • Prospérer pour le plus grand bénéfice de la société québécoise, dans ce monde ouvert où la fermeture n’est pas gage d’avenir.

« Le Québec dans le monde : s’investir, agir, prospérer ». Voilà la promesse de la nouvelle Politique internationale du Québec.

Merci.

 

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