Allocution de la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Mme Christine St-Pierre

À l'occasion de la présentation d'une motion marquant le 50e anniversaire de l'adoption de la loi créant un ministère des Affaires intergouvernementales

Québec, le 12 avril 2017

La version prononcée fait foi

Monsieur le Président,

Il y aura 50 ans le 14 avril, l’Assemblée nationale du Québec adoptait, par un vote unanime, la loi qui créait le ministère des Affaires intergouvernementales.

Ce geste s’inscrivait dans les visées ambitieuses de la Révolution tranquille, alors que le Gouvernement du Québec multipliait ses rapports avec d’autres gouvernements, au Canada comme à l’étranger, afin de se doter des capacités d’un État moderne.

Sous la responsabilité du premier ministre d’alors, M. Daniel Johnson père, le ministère des Affaires intergouvernementales disposait de moyens modestes pour réaliser sa double mission, de développement de relations au sein du Canada et à l’échelle internationale.

Déjà, en 1967, le Québec avait ouvert de nouvelles représentations à Paris (1961) et Londres (1962), plus de vingt ans après l’établissement de sa première représentation internationale, à New York.

Le nouveau ministère des Affaires intergouvernementales assurerait la coordination de ce réseau diplomatique naissant.

On se rappellera la thèse étayée, le 12 avril 1965, par le ministre de l’Éducation de l’époque, M. Paul Gérin-Lajoie, que « dans tous les domaines qui sont complètement ou partiellement de sa compétence, le Québec entend désormais jouer un rôle direct, conforme à sa personnalité et à la mesure de ses droits. »

C’était une approche audacieuse, voire révolutionnaire pour l’époque.

La loi fondatrice du ministère des Affaires intergouvernementales s’inspirait donc de la doctrine Gérin-Lajoie, dans le but de donner à l’État québécois les leviers concrets pour occuper tous les domaines de sa compétence, dans leur nécessaire prolongement international.

Sachant que la diplomatie porte ses fruits lorsqu’elle s’inscrit dans la durée, les gouvernements successifs ont su s’investir pour maintenir et développer les relations internationales du Québec.

Monsieur le Président, nous pouvons à bon droit nous réjouir des résultats.

Au fil des ans, le Québec a conclu plus de 700 ententes internationales avec près de 80 États.

Le réseau diplomatique québécois compte aujourd’hui 26 représentations dans 14 pays. Grâce à ce réseau, le Québec a pu ouvrir des portes :

  • pour les entrepreneurs québécois souhaitant développer de nouveaux marchés;
  • pour les artistes québécois qui cherchent à se produire sur les scènes les plus prestigieuses et faire leur marque aux quatre coins du globe;
  • pour les chercheurs et les universitaires québécois souhaitant participer à des partenariats de recherche;
  • pour les jeunes du Québec qui aspirent à vivre une expérience de stage à l’étranger, souvent déterminante dans leur cheminement de carrière.

Nous travaillerons au cours des prochains mois pour assurer un nouveau déploiement du réseau du Québec à l’étranger, sur la base des annonces du discours du Budget 2017-2018, afin d’assurer que le Québec soit toujours aux bons endroits au bon moment.

Le Québec est aussi, aujourd’hui, un État membre à part entière de l’Organisation internationale de la Francophonie. Il dispose d’une représentante à l’UNESCO, au sein de la Délégation permanente du Canada, pour faire connaître ses meilleures pratiques en éducation et en culture.

Son apport à l’avancement de dossiers internationaux, tels que l’Accord économique et commercial global Canada-Union européenne, a été reconnu par le premier ministre du Canada.

Le Québec s’est démarqué comme un chef de file sur la scène internationale, notamment en matière de lutte aux changements climatiques, et continue d’inspirer bon nombre d’États fédérés. Il joue un rôle de leader au sein d’organisations et de forums internationaux tels l’Arctic Circle, le Climate Group et la Conférence des chefs de gouvernement des Régions partenaires.

Grâce au ministère des Relations internationales et de la Francophonie, le Québec a pu développer son corpus d’expertise propre en matière d’analyse géopolitique, de coopération bilatérale et de solidarité internationale, de correspondance officielle, de communications, d’accueil et de visites officielles ainsi que d’encadrement de son personnel à l’étranger.

Le Québec se dote cette année d’une nouvelle politique internationale, la quatrième de son histoire, qui dressera la feuille de route de son action diplomatique dans le monde d’aujourd’hui, en fonction des priorités gouvernementales.

Plus que jamais, le Québec continuera à s’engager sur les enjeux internationaux contemporains.

Ainsi, le Québec nommera des émissaires pour traiter des thématiques suivantes :

  • Les droits et libertés de la personne, l’égalité des genres et les droits LGBT;
  • Les changements climatiques et les enjeux nordiques et arctiques;
  • La reconnaissance des qualifications professionnelles.

Le 50e anniversaire du ministère des Relations internationales et de la Francophonie, c’est l’occasion de réaffirmer notre engagement à poursuivre l’œuvre des visionnaires de 1967.

Aujourd’hui, les Québécoises et Québécois peuvent être fiers de s’être munis d’une capacité unique à prendre la place qui leur revient à l’échelle du monde.

Saluons la vision et la prévoyance qu’ont eue les bâtisseurs, il y a un demi-siècle.

Saluons aussi le travail accompli au fil des années par les employés, au siège et dans le réseau, de ce ministère que je suis fière de diriger.

Longue vie au ministère des Relations internationales et de la Francophonie! Longue vie à la diplomatie québécoise!

 

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