Allocution de la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Mme Christine St-Pierre

À l’occasion des XXXIIes journées annuelles d’information des chefs de poste consulaire

Québec, le 11 avril 2018

La version prononcée fait foi

Monsieur le doyen du corps consulaire et consul général de la Fédération de Russie (Yury Bedzhanyan),

Mesdames et Messieurs les chefs de poste de carrière,

Mesdames et Messieurs du corps consulaire honoraire,

Mesdames et Messieurs,

C’est toujours un plaisir de vous rencontrer.

Il y a un an, le gouvernement du Québec lançait la Politique internationale du Québec, Le Québec dans le monde : s’investir, agir, prospérer, qui guidera la diplomatie québécoise au cours de la prochaine décennie.

Cette politique internationale poursuit un triple objectif : rendre les Québécoises et les Québécois plus prospères; édifier un monde durable, juste et sécuritaire; et faire du Québec un pôle scientifique et culturel.

Un an plus tard, nous affichons déjà plusieurs réalisations.

ALENA

On comprendra que l’une de nos priorités soit de préserver et d’accroitre l’accès aux marchés des États-Unis et du Mexique. L’Accord de libre-échange nord-américain a créé l’une des plus vastes zones de libre-échange et augmenté substantiellement le volume du commerce trilatéral.

Qu’il s’agisse d’efficience des chaines d’approvisionnement, d’énergie, de transport et de logistique, ou d’environnement, tant les États limitrophes que le Québec bénéficient de cette intégration et de cette interdépendance nord-américaine.

Il s’agit d’un puissant vecteur de prospérité, d’innovation, de création d’emplois et de compétitivité.

Aussi avons-nous mis en place un dispositif de diplomatie d’influence auprès des milieux politiques et économiques américains et mexicains, piloté par notre sous-ministériat responsable des États-Unis et de l’ALENA.

Nos neuf représentations du Québec aux États-Unis continueront de suivre l’évolution des conditions d’accès à ce marché, de concert avec l’ambassade du Canada à Washington, les consulats canadiens ainsi que les consulats généraux des États-Unis au Québec.

Le Québec travaille déjà avec les élus et autres partenaires américains à promouvoir le commerce et l’investissement, mais aussi les échanges et les collaborations en science et en innovation, de même que dans les domaines de l’énergie, de l’environnement, du transport, de la sécurité et de la culture.

Et je souligne la mobilisation sans précédent que nous avons suscitée, depuis un an, pour le maintien de l’ouverture des marchés auprès de nos partenaires américains.

Les exportations internationales du Québec étaient, l’an dernier, d’environ 75 milliards de dollars, dont 55 milliards aux États-Unis et 8 milliards vers l’Union européenne.

AECG

En Europe, le gouvernement du Québec souhaite contribuer à créer un environnement politique favorable aux ratifications nationales de l’Accord économique et commercial global. En outre, nous entendons appuyer nos entreprises pour qu’elles bénéficient pleinement de l’application provisoire de l’AECG.

Dans le contexte d’une nouvelle génération d’accords commerciaux et de la montée de l’Asie, le Québec fait le pari de l’ouverture, de l’engagement et du partenariat. C’est d’ailleurs pour intensifier nos échanges avec l’Inde, une économie en pleine croissance, que je m’y suis rendue en février dernier.

Le Québec offre un environnement d’affaires dynamique, une main-d’œuvre qui allie talent et créativité, de l’énergie en abondance, de l’innovation à profusion, une fiscalité et des coûts d’exploitation parmi les plus avantageux du continent, et une position stratégique entre l’Amérique et l’Europe.

Numérique

Si nous vivons des changements sur le plan du commerce international, tiraillé entre de puissants courants d’ouverture et de replis, nous en vivons également sur le plan technique : le numérique et l’intelligence artificielle influencent toujours plus notre façon de créer, d’investir, de prévoir et de réfléchir.

Or, il s’agit de domaines qui progressent par l’échange et par la collaboration. La promotion de la coopération en recherche est d’ailleurs un objectif de nos relations internationales.

Aussi entendons-nous favoriser l’accueil d’entreprises numériques, en faisant connaître notre offre en matière d’entrepreneuriat, qu’il s’agisse de l’accès à des incubateurs et à des accélérateurs.

OMIA

Montréal est reconnue pour son expertise en intelligence artificielle. Elle accueille des organismes comme l’Institut des algorithmes d’apprentissage de Montréal et l’Institut de valorisation des données, en plus de laboratoires de sociétés comme Facebook, Microsoft, Google, Samsung et Thales.

Misant sur ce leadership, le premier ministre a annoncé la création d’une Organisation mondiale de l’intelligence artificielle à Montréal, qui stimulera la concertation sur les normes éthiques et les bonnes pratiques ainsi que sur les changements sociaux associés à l’intelligence artificielle.

Montréal est déjà, en Amérique du Nord, l’une des trois villes onusiennes, avec New York et Washington. Elle est la deuxième ville consulaire, avec ses 85 consulats généraux, consulats et délégations commerciales, et occupe le premier rang pour le nombre de congrès internationaux.

Mobilité

Dans le même esprit de collaboration, nous cherchons à conclure des ententes favorisant la mobilité des personnes, principalement de sécurité sociale et de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles.

Nous voulons offrir à nos jeunes davantage d’occasions de vivre diverses expériences internationales, tant sur le plan professionnel que sur les plans scolaire et culturel, et assurer l’accueil de jeunes en provenance de l’extérieur.

Il nous faut renforcer la promotion internationale de notre offre éducative et augmenter le recrutement d’étudiantes et d’étudiants étrangers. Ces échanges sont d’un apport exceptionnel à la vie universitaire – et collective – du Québec.

Environnement

Il allait presque de soi que nous allions approfondir l’engagement international du Québec en matière de lutte contre les changements climatiques, notamment par la promotion de la tarification du carbone et la poursuite du déploiement de notre marché du carbone en partenariat avec la Californie et l’Ontario. La nomination de Jean Lemire à titre d’émissaire aux changements climatiques et aux enjeux nordiques et arctiques répond à cette préoccupation.

Nous allons promouvoir le rôle des États fédérés et des régions dans l’atteinte des objectifs internationaux en matière de lutte contre les changements climatiques et de protection de la biodiversité et de sécurité alimentaire.

Je souligne l’engagement du Québec pour une coopération climatique internationale accrue au sein de l’espace francophone. Nous entendons aussi positionner le Québec comme leader de l’électrification des transports.

Enfin, nous allons favoriser la collaboration scientifique et le partage d’expertise, de manière à contribuer à l’effort mondial de gestion durable du Nord, qui occupe l’essentiel du territoire de la plus vaste des dix provinces canadiennes.

Droits et libertés

Notre politique internationale donne une place importante à la promotion des droits et libertés. Nommée au poste d’émissaire aux droits et libertés de la personne, Julie Miville-Dechêne œuvre en soutien aux mesures d’égalité entre les femmes et les hommes et de promotion des droits des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et trans.

Afin de poursuivre la protection et la promotion des droits des personnes LGBT sur la scène internationale, le Québec appuiera la création d’un réseau international à vocation francophone en faveur de la protection et de l’avancement des droits des personnes de cette communauté.

De manière plus générale, nous souhaitons encourager la contribution de nos institutions à l’avancement des droits et libertés, notamment au sein de la Francophonie internationale, mais aussi à travers les pactes et conventions onusiens auxquels nous sous sommes déclarés liés.

Solidarité, sécurité

Notre politique internationale renforce la place importante que nous accordons à la solidarité internationale. Elle permet de soutenir davantage de projets en Afrique francophone, en Amérique latine et dans les Antilles et de bonifier l’aide aux victimes de catastrophes naturelles et de crises humanitaires.

Sur le plan de la sécurité civile, nous allons contribuer à la coopération transfrontalière avec les États américains limitrophes. Nous contribuerons à la lutte contre le terrorisme et la cybercriminalité et à la prévention de la radicalisation menant à la violence par l’échange de bonnes pratiques, notamment grâce au Réseau international francophone de formation policière (Francopol), dont le siège est établi à Montréal.

Culture

Le Québec est à la fois innovateur et proche de ses traditions. Il exporte des produits d’une créativité remarquée. Il pose la question, singulière et universelle, de l’identité. Car il est français et américain, sans être français ni américain.

Et la culture est la marque la plus distinctive de cette nation francophone en terre d’Amérique. Elle conjugue deux concepts – identité et ouverture – qui se nourrissent.

Aussi allons-nous continuer à promouvoir nos artistes à l’étranger, dans un esprit de réciprocité, tout comme nous allons participer à la mise en œuvre effective de la Convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.

La promotion de la langue française demeure une priorité, et nous allons, entre autres, favoriser la « découvrabilité » des contenus en français sur le Web, notamment dans le cadre d’une collaboration avec la France.

Sommet d’Erevan

Et puis, en octobre, le Québec prendra une part très active au Sommet de la Francophonie, à Erevan, dont le thème est ambitieux : « Vivre ensemble dans la solidarité, le partage des valeurs humanistes et le respect de la diversité : source de paix et de prospérité pour l’espace francophone ».

Le vivre-ensemble est de nature à renforcer la cohésion de nos sociétés francophones autour de valeurs comme les droits, la démocratie, l’éducation, le dialogue des cultures et des religions, la lutte contre la radicalisation pouvant conduire à la violence, l’égalité entre les femmes et les hommes, le développement durable et le respect de la diversité.

Le Québec poursuivra son action pour une gestion rigoureuse et transparente de l’Organisation internationale de la Francophonie. Il poursuivra son plaidoyer en faveur des droits de la personne, notamment des personnes LGBT. Il fera la promotion du développement économique durable.

Le Québec promouvra la langue française, dans un contexte de développement rapide de l’univers numérique et de nécessité de convaincre les jeunes de l’espace francophone de choisir une langue qui soit porteuse de réussite et d’avenir.

Réseau

Enfin, nous allons déployer davantage de représentations à l’étranger. Et selon le principe qu’il importe d’être au bon endroit au bon moment, l’expansion du réseau reflète l’importance de notre premier partenaire que sont les États-Unis, tout comme elle reflète la montée de l’Asie et de l’Afrique. Elle suit, en somme, les orientations d’une politique internationale, elle-même au service des priorités du Québec.

C’est ainsi qu’en 2017-2018, nous avons ouvert des représentations à Abidjan, à La Havane et à Philadelphie, en plus de rehausser celles d’Atlanta et de Houston. Nous avons entrepris des démarches pour rehausser la représentation de Dakar en délégation générale.

En 2018-2019, nous ouvrirons des représentations à Singapour, au Vietnam et au Maroc. Nous établirons une deuxième représentation au Mexique et rehausserons celle de Séoul. D’autres ouvertures suivront dans les années subséquentes.

G7

En terminant, vous ne serez pas surpris que j’aborde avec vous la tenue prochaine au Québec du Sommet du G7. Bien qu’il se tienne sous la présidence du gouvernement canadien, nous y portons, tout comme vous, une attention particulière.

En effet, les thèmes annoncés par le premier ministre Justin Trudeau ont des effets sur le Québec et l’interpellent comme État fédéré. En ce sens, nous entendons jouer un rôle actif pour faire valoir les positions du Québec, notamment par notre présence à diverses activités liées au Sommet.

Je suis convaincue que cet évènement et les efforts que nous déployons contribueront à l’essor des relations avec plusieurs de vos pays et que les bénéfices mutuels seront profonds, diversifiés et durables.

Je vous remercie de votre attention.

 

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